Preuves de citoyenneté canadienne : 29 000 délivrées, mais 82 000 dossiers en attente

Un rythme soutenu, mais des retards persistants
Entre janvier et mai 2026, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a délivré près de 29 000 certificats de preuve de citoyenneté, selon les données publiées le 21 juillet. Ce document, souvent méconnu du grand public, est pourtant indispensable pour confirmer officiellement son statut de citoyen canadien, que ce soit par naissance, par filiation ou après une naturalisation antérieure. Malgré cette cadence accélérée, plus de 82 000 demandes restent en attente, révélant un écart significatif entre la demande et la capacité de traitement de l’administration.
Pourquoi ce certificat est-il crucial ?
Contrairement à un passeport ou à une carte de résident permanent, le certificat de preuve de citoyenneté ne sert pas à voyager, mais à établir un lien juridique avec le Canada. Il est notamment requis pour :
Obtenir un passeport canadien pour la première fois ;
Bénéficier de certains programmes sociaux réservés aux citoyens ;
Travailler dans des secteurs régis par des exigences de sécurité nationale ;
Transmettre la citoyenneté à ses enfants nés à l’étranger.
Sans ce document, des milliers de personnes – y compris des Canadiens de naissance – se retrouvent dans une situation administrative précaire, incapables de prouver leur éligibilité à des droits fondamentaux.
Qui est concerné par ces délais ?
Les demandeurs touchés par ces retards appartiennent à plusieurs catégories :
Les enfants de Canadiens nés hors du pays, dont la citoyenneté dépend d’une transmission par filiation ;
Les personnes naturalisées avant 1977, date à laquelle les certificats n’étaient pas systématiquement délivrés ;
Les individus ayant perdu ou endommagé leur document original, qui doivent en demander un duplicata.
L’IRCC n’a pas précisé la durée moyenne d’attente actuelle, mais des témoignages relayés par des associations d’aide aux immigrants évoquent des délais dépassant parfois un an. Ces retards peuvent avoir des conséquences concrètes, comme le report d’un projet professionnel ou l’impossibilité d’inscrire un enfant à l’école dans certaines provinces.
Quelles solutions pour accélérer le processus ?
Face à cette accumulation de dossiers, l’IRCC a mis en place plusieurs mesures :
Une augmentation des effectifs dédiés au traitement des demandes ;
Un système de priorisation pour les cas urgents (maladie, emploi critique, etc.) ;
La possibilité de suivre l’état de sa demande en ligne, bien que cette fonctionnalité reste limitée.
Cependant, les experts soulignent que ces efforts pourraient ne pas suffire sans une modernisation plus profonde des processus. La numérisation des archives et l’automatisation partielle des vérifications pourraient réduire les délais, mais ces réformes nécessitent des investissements importants et une coordination entre plusieurs ministères.
Un enjeu de cohésion nationale
Au-delà des aspects administratifs, ces retards posent une question plus large sur l’inclusion des citoyens. Pour beaucoup, recevoir ce certificat marque une étape symbolique, celle de la reconnaissance officielle de leur appartenance au Canada. Les délais prolongés risquent d’alimenter un sentiment de marginalisation, en particulier chez les personnes issues de l’immigration ou vivant dans des régions éloignées, où l’accès aux services gouvernementaux est déjà limité.
Alors que le Canada continue d’accueillir des centaines de milliers de nouveaux résidents permanents chaque année, la capacité de l’État à intégrer efficacement ces populations – y compris en leur fournissant les documents nécessaires – sera un défi majeur pour les années à venir.
Sources officielles








