Coupe du Monde 2026: 175 visiteurs demandent l'asile au Canada

Pourquoi des visiteurs de la Coupe du Monde choisissent-ils l'asile au Canada ?
Parmi les 26 111 visiteurs autorisés à entrer au Canada pour assister ou participer aux matchs de la Coupe du Monde 2026, 175 ont déposé une demande d'asile après leur arrivée. Ce chiffre, bien que représentant moins de 1 % des détenteurs de visas temporaires pour l'événement, soulève des questions sur les motivations et les profils de ces demandeurs.
Les données du ministère fédéral de l'Immigration révèlent une diversité d'origines. Parmi les demandeurs, on compte des supporters de pays dont les équipes ont joué au Canada, comme le Ghana (25 demandes), la Colombie (15), le Sénégal (10), l'Égypte (5) et l'Équateur (5). D'autres demandes proviennent de visiteurs venus de pays non qualifiés pour le tournoi, tels que le Kenya (15), la Chine (10), le Nigeria (10) ou encore le Bangladesh (10). Cinq demandes ont également été enregistrées via une autorisation de voyage électronique, utilisée par des ressortissants de pays exemptés de visa comme la France ou l'Allemagne.
Un phénomène marginal mais révélateur
Si le nombre de demandes reste limité par rapport à l'affluence globale de la Coupe du Monde, il reflète une tendance observée lors d'événements internationaux précédents. Les grands rassemblements sportifs ou culturels attirent des visiteurs qui, une fois sur place, évaluent la possibilité de demander une protection internationale. Au Canada, les demandes d'asile présentées dans les aéroports – comme ce fut le cas pour la majorité de ces 175 visiteurs – sont examinées par des agents de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ou d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
Le processus débute par une évaluation de la recevabilité de la demande. Si elle est jugée recevable, le dossier est transmis à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR), qui déterminera si le demandeur répond aux critères de la Convention de Genève sur les réfugiés, notamment la crainte fondée de persécution dans son pays d'origine.
Quels sont les risques et les délais pour ces demandeurs ?
Demander l'asile au Canada après une entrée légale avec un visa de visiteur n'est pas sans conséquences. Les demandeurs s'exposent à des délais d'attente qui peuvent s'étendre sur plusieurs mois, voire années, avant qu'une décision finale ne soit rendue. Pendant cette période, ils ont généralement le droit de rester au Canada et peuvent obtenir un permis de travail, sous certaines conditions. Cependant, leur statut reste précaire jusqu'à l'obtention d'une réponse définitive.
Par ailleurs, les statistiques récentes montrent une baisse globale des demandes d'asile au Canada. Entre janvier et avril 2026, le nombre de nouvelles demandes a chuté de 63 % par rapport à la même période en 2024. Cette diminution s'inscrit dans un contexte où le gouvernement canadien ajuste ses cibles d'immigration, en mettant l'accent sur l'octroi de la résidence permanente aux personnes déjà présentes sur le territoire et possédant des compétences recherchées.
Un choix stratégique ou une nécessité ?
Pour certains visiteurs, la demande d'asile pourrait être une décision mûrement réfléchie, motivée par des conditions de vie difficiles dans leur pays d'origine. Pour d'autres, il s'agit peut-être d'une opportunité saisie sur place, après avoir pris conscience des possibilités offertes par le système canadien. Quoi qu'il en soit, ces demandes rappellent que les grands événements internationaux peuvent servir de porte d'entrée vers une nouvelle vie pour ceux qui cherchent protection ou stabilité.
Les autorités canadiennes continuent de surveiller ces tendances, tout en rappelant que chaque demande est examinée individuellement, selon des critères stricts. Pour les 175 visiteurs concernés, l'issue de leur démarche reste incertaine, mais leur choix marque un tournant dans leur parcours migratoire.
Sources officielles





