Ottawa suspend le parrainage des parents et grands-parents pour 2025

Le gouvernement fédéral a confirmé qu'aucune nouvelle demande ne sera acceptée en 2025 dans le cadre du Programme de parrainage des parents et des grands-parents (PGP). Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), sous la ministre Lena Diab, présente cette décision comme un outil de gestion responsable d'un système où l'intérêt dépasse largement le nombre de places disponibles.
Un programme déjà sous forte pression
Le PGP permet à des citoyens canadiens ou à des résidents permanents de parrainer un parent ou un grand-parent pour qu'il obtienne la résidence permanente. Plus de 60 500 demandes seraient déjà en traitement. Le programme, lancé en 2020, avait suscité plus de 200 000 expressions d'intérêt de résidents permanents et citoyens canadiens souhaitant parrainer un proche — un bassin de candidats potentiels dans lequel IRCC continue de puiser plutôt que de rouvrir les inscriptions.
Des délais qui s'allongent, surtout au Québec
Le temps d'attente national est actuellement d'environ 33 mois, et grimpe jusqu'à 66 mois pour les dossiers destinés au Québec, soit plus de cinq ans et demi. Le Québec accueille chaque année un nombre plus restreint de personnes parrainées dans cette catégorie, ce qui contribue à cet écart.
Un plafond fixé, indépendant de la suspension
La suspension des nouvelles demandes ne change rien aux objectifs d'admission déjà annoncés par le gouvernement. IRCC prévoit d'accorder la résidence permanente à un maximum de 15 000 personnes dans cette catégorie en 2026 et en 2027, dans le cadre du Plan des niveaux d'immigration 2026-2028, qui fixe plus largement un objectif d'admission de 380 000 résidents permanents par an entre 2026 et 2028. Le message est clair : les dossiers déjà déposés continueront d'être traités selon ce quota, mais la porte reste fermée à quiconque n'a pas encore soumis de demande.
L'ampleur du système d'immigration en attente
Cette suspension s'inscrit dans un contexte plus large de retard administratif : au 30 avril, plus de 2,1 millions de demandes d'immigration étaient en traitement à travers le système, dont plus de 922 000 hors des délais de service visés. Entre janvier et avril 2025, 112 900 personnes ont tout de même obtenu le statut de résident permanent.
Quelles options pour les familles concernées ?
Pour les personnes qui espéraient déposer une nouvelle demande cette année, l'option qui demeure ouverte est celle du super visa. Ce visa permet aux parents et grands-parents de séjourner au Canada jusqu'à cinq ans d'affilée, avec des entrées multiples pouvant s'étendre sur une période allant jusqu'à dix ans, sans toutefois déboucher sur la résidence permanente. Le super visa reste un statut de visiteur : il ne donne pas accès aux soins de santé provinciaux dans la plupart des provinces ni au droit de travailler, et le temps passé sous ce statut ne compte pas dans un éventuel parcours vers la résidence permanente.
Ce qu'il faut retenir
Cette suspension confirme l'orientation prise par Ottawa : contenir le volume de demandes de réunification familiale pour tenter de résorber un inventaire déjà chargé. Pour les familles séparées de leurs parents ou grands-parents, le super visa demeure la seule voie disponible dans l'immédiat — un pis-aller qui ne remplace pas la résidence permanente, mais qui permet au moins de se retrouver. Les règles pouvant évoluer, il est recommandé de vérifier l'état du programme directement sur le site d'IRCC avant toute démarche.






